Suivez-nous ! Sur Facebook !Sur Youtube !Sur Twitter !Sur Instagram !

RDV au gymnase de la Rotonde samedi 02/12 à 20h pour le match de Ligue Elite : SVB / VC Halluin !
A la Une !
Logos
Logos

Denis MARTIN, vice-président et trésorier du Strasbourg Volley-Ball, va la saison prochaine prendre du recul et mettre fin à son précieux engagement au sein du club. C’est l’occasion pour faire un point avec lui sur son extraordinaire carrière dans le volley et de profiter de ses anecdotes !

Denis MARTINCrédit photo : Martial Lithard

– Denis, après de nombreuses années de bons et loyaux services, tu vas désormais prendre un peu de recul par rapport au volley : quand a débuté ton engagement dans ce sport et comment ?


On peut résumer ma découverte du volley en 3 phases :


1 -Très tôt vers 15 ans … du moins pour l’époque puisque l’on découvrait -et encore- le volley qu’au lycée parce que cette activité était considérée comme trop difficile à apprendre. J’ai donc découvert le volley tout d’abord dans mon village grâce à des camarades plus âgés qui étaient lycéens. Nous étions alors tous dans la même équipe de football de notre village, et certains samedis soir nous rencontrions des équipes de villages composées comme nous de joueurs ayant découvert le volley par hasard (Bitche et Philippsbourg en particulier, cette dernière étant une équipe composée principalement de …gardes forestiers !).
2-Puis ma vraie découverte de l’activité fût dans le cadre de l’ASSU du lycée Erckmann Chatrian à Phalsbourg. C’est ainsi que je fus repéré par les volleyeurs de la Tricolore Saverne -un des clubs emblématiques de l’époque- (1967) où j’ai pris ma première licence de volley. J’en garde de supers souvenirs d’autant que nous étions alors tous lycéens et étudiants avec une ambiance exceptionnelle, tout en chatouillant les 3 grands clubs d’alors = le RCS (qui évoluait alors en 1ère division, l’équivalent de la proA d’aujourd’hui, avec une ribambelle d’internationaux, dont Adam Thumm), la Strasbourgeoise et Notre Dame Strasbourg.
3-Très vite, grâce à ma taille (193cm) et je pense aussi à mes qualités d’attaquant, je fus sollicité par le RCS que je rejoignis en 1971/72 pour leur dernière saison en 1ère division. Durant cette 1ère saison, j’ai découvert un autre monde, mais rapidement je me suis rapproché du niveau de l’équipe.
Débutèrent alors toutes mes années « Racing » durant lesquelles nous jouions en 2ème division. Quelle aventure! Les déplacements nous prenaient tout le WE avec des heures de train (souvent de nuit) et comme le club n’avait pas de gros moyens financiers, nous participions financièrement au coût, le club ne pouvant nous payer qu’un repas !!!
– Tu as vécu de belles aventures au club : peux-tu en ressortir une ou deux qui t’ont particulièrement marqué ?
 
Des aventures ? Il y en a eu plusieurs … mais au RCS se furent avant tout les modalités des déplacements à Rennes et Dunkerque qui furent prégnantes, car à cette époque, on se déplaçait en train, et cela durait des heures et des heures que nous passions à jouer au tarot et là aussi il fallait avoir le niveau sinon on était évincé très vite de la tablée des « boss » de ce jeu. Jouer à Rennes supposait de changer de gare, c’est à dire aller de la gare de l’Est à celle de Montparnasse, ce qui en soit n’était pas compliqué, mais au retour supposait un sprint dans les couloirs du métro pour arriver à temps gare de l’Est et prendre le seul « train de nuit » qui nous ramenait à 5h30 le lundi matin en gare de Strasbourg. A cette époque notre président M. Louis Koenig, était aussi notre coach. Et pour ce périple retour dans le métro entre les gares Montparnasse et de l’Est, il devait s’entrainer au footing plusieurs semaines en amont !!! Sinon on loupait le train et nous devions passer la nuit à l’hôtel … à nos frais ! L’organisation de cette course dans le métro supposait aussi qu’un joueur ou à tour de rôle on porte le sac de M. Koenig, ce qui n’allait pas de soi avec la foule qui traînait dans les couloirs.
Dunkerque: parce que nous y arrivions en prenant la trop fameuse ligne Calais – Bâle qui passait par la Lorraine, puis les Ardennes avant de traverser tous les paysages miniers du Nord. Là aussi, et systématiquement car nos 2 équipes se tiraient la bourre, le match durait tellement longtemps (je rappelle qu’à cette époque les matches pouvaient durer 4 heures car on ne pouvait marquer un point que sur son service) que le trajet retour devait être organisé en amont en étant certain que des bénévoles de Dunkerque et des taxis soient réactifs dès la fin du match, et souvent nous ne pouvions prendre de douche.
A l’arrivée on allait presque tous prendre le petit déjeuner rue du Maire Kuss à l’Espresso, puis chacun s’en allait travailler.

Une aventure inoubliable aussi : notre match à Douai pour le maintien en N2. L’équipe perdante descendait. Et la salle était tellement bondée que les spectateurs étaient assis autour du terrain. Par un pur hasard ce fut moi qui servait les 2 dernières balles du match, tout en devant rester calme car des spectateurs me traitaient de « choucroute » et de « boche » tout en me délaçant les chaussures sans que l’arbitre -qui avait lui aussi la trouille de sa vie- n’intervienne. Mes deux services furent plus des engagements que des trajectoires difficiles, ce qui permit à l’adversaire de construire chaque fois une belle passe sur leur monstrueux attaquant (203cm ce qui était hors norme à cette époque) qui en voulant la planter, trouva par deux fois le bas du filet. Inutile de vous dire qu’en l’espace de quelques secondes nous étions tous barricadés dans les vestiaires car des supporters voulaient nous faire la peau !!!

– Tu as également dû faire bon nombre de rencontres intéressantes : y en a-t-il une ou deux dont tu te souviens plus particulièrement ?

Les rencontres qui marquent furent celles que j’ai pu faire plus tard, lors de ma période comme joueur en 1ère Division avec Grenoble et comme responsable national de l’équipe de France Cadet.

Durant ma période de joueur de haut niveau (3 années) à Grenoble, je retiens mes rencontres:
–  avec Bernard Bro premier volleyeur professionnel français (Réal Madrid) qui m’a découvert lors des tournois d’Annecy et m’a orienté vers Grenoble.
– avec le capitaine de l’équipe Tchèque qui se demandait après un match entre Grenoble et leur équipe nationale pourquoi je n’étais pas en équipe de France A.
– avec Myroslaw Rybaczewski auréolé de son titre de champion olympique avec la Pologne contre la Russie aux JO de Montréal. Je lui ai servi de guide et d’interprète pour acheter ses chaussures de marié … à Le Mans! En effet l’équipe de France Universitaire dont je faisais partie jouait plusieurs rencontres contre la Pologne du côté de la Bretagne.

Puis se furent toutes les années en tant que CTR VB en Alsace et bien sûr responsable national de la détection masculine et de l’équipe de France Cadet.
J’ai ainsi démarré mes stages nationaux en ayant Laurent Tillie comme stagiaire pour les terminer … au Creps de Strasbourg avec la génération de Frantz Granvorka. Tous deux sont devenus des amis qui me sont chers et avec qui j’ai des contacts fréquents.


– Les dernières saisons ont été bien chargées avec la création du SVB et la montée de l’équipe 1 vers le haut-niveau : peux-tu nous expliquer quel était ton rôle au sein du club ?

Adam THUMM et moi avons repris le club RCS en main en 2001 à la demande d’Arnaud Bodier (lors d’un déjeuner de retrouvailles des anciens du RCSVB).
Ensemble nous avons essayé de restructurer le club qui comme souvent passait par des hauts et des bas. Jean Marc Hug a rejoint l’attelage, ou était déjà présent, je ne me souviens plus très bien.
En fait ce dernier s’occupait de tout l’aspect sportif et moi j’animais l’aspect administratif et relationnel. Adam occupait la fonction de « grand sage » et était particulièrement en lien avec les collectivités et l’omnisport du RCS.
Petit à petit, j’ai vu mes tâches et donc mes rôles prendre de l’ampleur. Une ampleur pas vraiment voulu mais nécessaire, car je pouvais faire profiter le club de mes facilités administratives professionnelles.
Puis nous nous sommes partagé la présidence avec Adam Thumm juste avant de sortir du RCS omnisport. Cette sortie fut menée à trois (JM Hug, A.Thumm et moi-même) face à une omnisport du RCS réticente et peu encline à la transparence. Mais au final, nous y sommes arrivés et heureusement !
A vrai dire, en faisant un tour d’horizon, je pense avoir occupé quasiment tous les postes possibles au sein d’une association. Mais ce qui m’a entre-autres décidé à mettre fin à la « partie », c’est cette impression d’être devenu le factotum du SVB vers qui tout ou presque converge, et qui donne plusieurs heures de son temps quotidien au club.
A d’autres la relève !


– Tu prends donc désormais du repos bien mérité : comment occupes-tu tes journées ?

Depuis 4 années que je suis à la retraite, je n’ai guère trouvé de temps à m’occuper de moi-même ! C’est dire que l’occupation des « journées permanentes de vacances » ne m’a jusqu’ici posé aucun problème. Il est vrai qu’avec mon retrait de toutes mes fonctions au SVB, il va falloir combler un vide certain. Mais j’ai des idées et surtout je vais enfin pouvoir me remettre à la randonnée qui est avec le volley une autre de mes passions.

Le SVB remercie très profondément Denis pour tout ce qu’il a apporté au club et pour son engagement.